Le 15e anniversaire MAE

Respect des droits des tout-petits : où en sommes-nous au Québec ?

Geneviève Joseph, conseillère communications et affaires publiques, Observatoire des tout-petits

Selon la Convention internationale des droits de l’enfant des Nations Unies, dont le Canada et le Québec sont signataires, les gouvernements ont la responsabilité de s’assurer que les droits des enfants vivant sur leur territoire sont respectés. Or, plusieurs signaux nous indiquent que ce n’est pas le cas pour tous les tout-petits du Québec. Fort heureusement, les municipalités disposent de plusieurs leviers pour améliorer la situation.

En date du 30 avril 2024, 31 145 enfants étaient en attente d’une place dans un service de garde éducatif à l’enfance
La fréquentation d’un service de garde éducatif à l’enfance peut constituer un facteur de protection pendant la petite enfance, en particulier chez les enfants de milieux défavorisés. Toutefois, pour engendrer des effets positifs sur le développement de l’enfant, le milieu éducatif qu’il fréquente doit être de qualité.

En 2022, 25 % des parents vivant avec au moins un enfant de 5 ans ou moins percevaient leurs revenus comme insuffisants ou très insuffisants pour répondre aux besoins de base de leur famille
Cette situation pourrait augmenter l’insécurité alimentaire chez les tout-petits. Prédicteur de maladies chroniques, l’insécurité alimentaire durant la petite enfance est associée à un plus haut risque que les enfants touchés présentent des retards sur le plan du développement cognitif, moteur et neurophysiologique.
De plus, selon l’Institut de la Statistique du Québec, en 2021, 8,7 % des familles avec au moins un enfant de 0 à 5 ans, ce qui représente plus de 32 000 enfants, habitaient dans un logement non abordable. Selon la littérature scientifique,
le fait d’habiter dans un logement non abordable peut avoir un impact sur le développement des tout-petits, qui seraient plus à risque de retard sur le plan du développement physique, émotif, cognitif, langagier et social.

2022, près du quart (23 %) des parents vivant avec au moins un enfant âgé de 0 à 5 ans ne se sentaient jamais ou rarement soutenus par leur entourage dans les moments difficiles.
La recherche montre que le soutien social pourrait diminuer le risque que
les enfants développent de l’anxiété, une dépression ou des problèmes de comportement. La présence d’un réseau de soutien permet également de réduire le stress parental et, par le fait même, de diminuer l’utilisation de pratiques parentales inadéquates.

 

Les municipalités ont les compétences et les pouvoirs pour influencer directement la qualité de vie des familles. Consultez
le guide Avez-vous pensé à vos plus petits citoyens ?, développé par Espace MUNI, en collaboration avec l’Observatoire des tout-petits, pour découvrir plusieurs exemples inspirants et des pistes d’actions concrètes : https://tout-petits.org/municipalites