
Emmanuelle Jean-Arsenault, chargée de l’offre de services [email protected]
Entrevue avec

Mona Beaulac, conseillère municipale de la Ville de Bedford et présidente du comité MADA du Pôle de Bedford

Daniel Tétreault, maire de la Municipalité de Notre-Dame-de-Stanbridge
Le Pôle de Bedford regroupe huit municipalités de la MRC Brome-Missisquoi en Estrie : Bedford, Canton de Bedford, Notre-Dame-de-Stanbridge, Saint-Armand, Saint-Ignace-de-Stanbridge, Stanbridge East, Stanbridge Station et Pike River.
Six de ces municipalités se sont à nouveau regroupées pour mener leur troisième démarche concertée en vue de renouveler leur accréditation Municipalité amie des aînés (MADA). Pourtant, le Pôle de Bedford n’est pas une MRC. Mais l’union fait la force pour ces petits milieux d’un territoire essentiellement agricole.
Qu’est-ce qui caractérise votre milieu ?
Daniel Tétreault – Les municipalités du Pôle de Bedford forment une communauté d’appartenance naturelle de quelque 7 500 habitants. Les services et les infrastructures de la région sont concentrés dans la
Ville de Bedford, mais les citoyennes et citoyens ont pris l’habitude de se déplacer d’une municipalité à l’autre, en fonction de leurs besoins en matière de services et d’activités.
Mona Beaulac – L’approche de concertation et de collaboration fait partie de la culture de travail du Pôle de Bedford. Face à l’enjeu du vieillissement de la population de nos milieux, cela nous apparaissait évident qu’il fallait y travailler ensemble pour identifier et mettre en place des solutions collectives.

« L’important, quand on fait une telle démarche, est non seulement le respect entre chaque municipalité, mais également d’être ensemble, autour de la table, pour les bonnes raisons, c’est-à-dire s’entraider pour favoriser le bien-être des personnes aînées. Cela admis, c’est plus facile ensuite de surmonter les difficultés qui surviendront inévitablement. »
Quels sont les avantages du modèle de travail que vous avez choisi pour réaliser votre démarche, c’est-à-dire de vous regrouper et de la réaliser de façon collective ?
Daniel Tétreault – Notre démarche MADA vise à mettre à jour la politique des aînés et son plan d’action régional concerté, de même que les plans d’action locaux des municipalités concernées. Nous voulons aborder le contexte et les enjeux avec un regard global, une vision d’ensemble, tout en prenant la mesure des besoins spécifiques à chacune des municipalités.
Mona Beaulac – Le regroupement et le travail concerté permettent d’être plus forts, ensemble. Nos voix réunies portent plus haut et plus loin. Ensemble, nous pouvons militer plus efficacement en faveur des personnes aînées de notre territoire. Nous allons tous dans la même direction.
Daniel Tétreault – Nous nous entraidons pour mener à bien la démarche, mais surtout pour mettre en œuvre le plan d’action. Ce soutien mutuel se traduit jusque dans nos demandes de subventions : les municipalités peuvent appuyer des demandes d’autres municipalités du Pôle pour que des projets communs se concrétisent au bénéfice de toutes les personnes aînées du territoire. Nous avons besoin les uns des autres. Faire une démarche collective permet de mettre en place des projets plus structurants pour l’ensemble des municipalités du Pôle. Notre impact est plus grand.
Mona Beaulac – Faire équipe au sein d’une concertation intermunicipale a également pour grand avantage d’éviter de dédoubler les efforts des organismes qui desservent l’ensemble de la région de Bedford. Il serait impensable de les solliciter pour qu’ils s’impliquent dans six démarches MADA menées de front.
Daniel Tétreault – La démarche collective prévient aussi le dédoublement d’infrastructures. Les personnes aînées peuvent se déplacer facilement d’une municipalité à l’autre pour, par exemple, aller jouer au pickleball dans l’une et patiner à l’aréna dans l’autre. Ensemble, on peut développer des infrastructures pour tous les goûts.

Quels sont les défis liés à ce type de fonctionnement?
Daniel Tétreault – Il faut prendre le temps de s’approprier la démarche, de bien définir le mode de fonctionnement collectif et de comprendre les responsabilités de chacun, dans un contexte où un grand nombre d’actrices et d’acteurs sont impliqués.
Mona Beaulac – L’autre important défi est d’aplanir les effets que pourrait avoir la disparité des ressources d’une municipalité à l’autre. La clé est d’être accompagné par une ressource externe neutre qui connaît bien le milieu et a déjà sa confiance, idéalement une organisatrice ou un organisateur communautaire du réseau de la santé et des services sociaux, qui agit comme rassembleur et facilitateur. Par son soutien au milieu, cette ressource contribue à pallier le déséquilibre des ressources et à s’assurer d’une participation juste et équitable des municipalités partenaires.
Quels conseils donneriez-vous aux municipalités qui souhaiteraient se regrouper pour faire une telle démarche collective ?
Daniel Tétreault – Ne pas craindre d’essayer ! On apprend à mieux se connaître et ça développe le sentiment d’appartenance à la communauté.
Mona Beaulac – Ce type de projet collectif met en place les conditions favorables pour faire naître d’autres concertations intermunicipales. Cultivons nos affinités pour penser au bien-être de nos communautés, ensemble !
