Municipalités 2050

Faire battre le cœur de nos collectivités

Myriam Daigneault Chargée de projet – Communautés en santé, Espace MUNI

Myriam Daigneault, Chargée de projet – Communautés en santé, Espace MUNI

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Entrevue avec Flora Charlet, directrice du Réseau Rues principales, à la mise en ligne de l’article le nouveau directeur de l’organisme est Olivier Legault.

Et si nos rues principales, nos centres-villes, nos quartiers et nos noyaux villageois étaient abordés comme de véritables milieux de rencontres sociales, culturelles et économiques, pulsant au rythme de notre communauté? Animé par la conviction « qu’une collectivité est aussi forte que son cœur », le Réseau Rues principales œuvre partout au Québec pour dynamiser ces espaces névralgiques. Sa directrice, Flora Charlet, souhaite inspirer les actrices et acteurs municipaux à rêver encore plus grand.

Et quels sont les autres défis?
F.C. : Le troisième défi touche toute la question financière et immobilière. Le coût de la vie en ville
ne cesse d’augmenter. Le bâti patrimonial s’effrite au Québec. Que faire de ce patrimoine, comme les églises? Comment concilier la préservation du patrimoine avec la densification pour limiter l’étalement urbain?
Le quatrième défi serait les habitudes de consommation et le travail, qui ont beaucoup changé. Après la pandémie, il y a eu une explosion du télétravail ainsi que de la consommation sur les plateformes numériques. Comment maintenir les interactions humaines au centre de nos activités?

Quelles mesures devraient être prises pour assurer un développement prospère et durable des cœurs des communautés, qu’elles soient rurales ou urbaines, dans cette vision du futur?              F.C. : Pour dynamiser les cœurs des communautés, il faudra un travail interministériel. Nous désirons que cet enjeu devienne un sujet politique transversal et que des mesures précises soient incluses dans un plan d’action provincial. L’initiative européenne « Action cœur de ville » nous inspire beaucoup. Appuyée financièrement par l’Union européenne, elle travaille de manière concertée sur les aspects économiques, culturels et urbains. C’est ce que nous attendons de nos gouvernements. En outre, nous souhaiterions que des politiques soient mises en place pour favoriser l’économie sociale et que des fonds soient réservés aux entreprises québécoises.

Rêvons grand! Que serait l’idéal d’ici 2050?
F.C. : D’ici 2030, je rêve que la plupart des villes moyennes et grandes ont des politiques de centre-ville portées par des élus responsables. Ces politiques seraient défendues et discutées au Conseil municipal.
D’ici 2040, je rêve de villes beaucoup plus vertes, avec un indice de canopée bien meilleur. On pourrait même viser la sobriété territoriale!
D’ici 2050, je rêve que nous ayons un plan pour réhabiliter les églises du Québec. Je rêve d’une politique du patrimoine, d’une politique pour le commerce de proximité et d’une politique pour l’aménagement et l’urbanisme ainsi que pour la sécurité des déplacements.
Les mentalités évoluent très rapidement. Nous voyons que nos élues et élus municipaux sont de plus en plus sensibilisés à l’environnement et à l’urbanisme. Nous pouvons le constater notamment par le Regroupement des élus en environnement. C’est tangible et extrêmement encourageant pour l’avenir.
La présence accrue de femmes et de jeunes dans la politique est stimulante.
Nous sommes convaincus que les communautés rurales et le développement régional joueront un rôle clé dans la transition énergétique. Tous les villages ont leur mot à dire. Quand nous voyons que Carlton offre des vélos en libre-service et qu’ils sont utilisés, qu’il y a des postes en innovation sociale à Shawinigan, à Trois-Rivières, du cotravail dans tous les milieux, de plus en plus de Municipalités amies des aînés (MADA) et de Municipalités amies des enfants (MAE) partout, nous sommes vraiment optimistes!