Le conseil municipal, Les élections municipales 2025

Défaire les préjugés de la politique

Mariève Paradis, Chargée de l’offre de services, Espace MUNI [email protected]

Entrevue avec Sabrina Rettino,

Conseillère municipale – Municipalité de Saint-Charles-sur-Richelieu

Élue par acclamation en novembre 2025 à Saint-Charles-sur-Richelieu, Sabrina Rettino avait auparavant perdu par un seul vote lors d’une élection partielle tenue deux ans plus tôt. Mère de deux filles de 7 et 8 ans, elle s’est installée dans la municipalité pendant la pandémie avec le désir de mener une vie plus simple et de s’impliquer davantage dans sa communauté.

Formée en planification d’événements, elle est très engagée dans son milieu, elle a multiplié les occasions de bénévolat, notamment comme entraîneuse de soccer et lors d’événements communautaires.

Nouvellement élue, elle a repris la responsabilité des dossiers Familles et Aînés, alors que la démarche Municipalité amie des aînés (MADA) était déjà amorcée. Elle souhaite contribuer à faire de Saint-Charles-sur-Richelieu un milieu de vie accueillant, solidaire et dynamique.

Mariève: Quelle a été la motivation profonde de vous lancer en politique municipale?

Sabrina Rettino : J’ai toujours aimé contribuer à ma communauté. J’ai à cœur le bien-être des autres et l’entraide entre les citoyennes et citoyens. On dit souvent qu’il faut un village pour élever un enfant, et je le vois concrètement ici. Les familles s’entraident, les gens se connaissent et veillent les uns sur les autres.

Quand j’ai déjà tenté ma chance lors d’une élection partielle il y a deux ans, j’ai redoublé de motivation. J’ai fait du bénévolat, participé aux événements locaux, assisté aux séances du conseil municipal et pris le temps de comprendre les dossiers de la municipalité. Quand l’occasion s’est de nouveau présentée, j’étais prête à faire le saut.

MP: Élu pour la première fois l’automne dernier, quel a été le premier choc comme nouvel élu? 

SR: L’ampleur de l’apprentissage. Il y a énormément de procédures, de règlements et de jargon à assimiler rapidement. Tout est très structuré et il faut comprendre plusieurs notions en peu de temps.

Le budget municipal a aussi représenté un défi important. Plonger dans un exercice aussi complexe dès l’arrivée en poste demande beaucoup de temps et d’énergie. Ce sont de longues journées, mais c’est aussi une occasion privilégiée de comprendre le fonctionnement global de la municipalité et les responsabilités qui viennent avec le rôle d’élue.

MP: Comment conciliez-vous votre rôle d’élu, votre carrière et votre vie familiale? 

S.R. : Mes enfants aiment que je sois présente le soir, surtout à l’heure du coucher. Il m’arrive souvent de devoir quitter pour une réunion ou une activité alors qu’elles aimeraient que je reste à la maison. Comme parent, c’est parfois difficile.

La conciliation repose beaucoup sur l’organisation et la planification. Heureusement, les grands-mamans habitent près de chez nous et nous donnent un coup de main lorsque nécessaire. Ce soutien familial est précieux.

MP : Est-ce que le conseil municipal a mis en place des mesures pour soutenir la conciliation? 

S.R. : Je n’ai jamais vraiment demandé d’obtenir une flexibilité personnelle ou familiale. Je me suis engagée comme conseillère sachant qu’il y aurait sans doute quelques sacrifices à faire. Je ne suis également pas la seule à avoir des enfants dans le conseil municipal.

MP: Quel est votre plus grand apprentissage jusqu’à maintenant dans votre rôle d’élu? 

S.R. : La collaboration. J’ai appris à quel point il est important d’être honnête, de poser des questions et d’écouter différents points de vue. Pour prendre de bonnes décisions, il faut accepter que les autres puissent avoir une perception différente de la nôtre.

Les discussions permettent souvent d’aller plus loin dans l’analyse et d’arriver à un consensus. J’ai aussi réalisé l’importance de bien comprendre les règlements, les politiques et les cadres de gouvernance, puisqu’un même texte peut être interprété de différentes façons selon les personnes qui le lisent.

Quand je suis arrivée à Saint-Charles-sur-Richelieu, j’ai eu envie de contribuer à préserver cet esprit de village. Je veux que ce milieu continue d’être un endroit où le respect, l’entraide et l’implication citoyenne occupent une place importante.

MP: Quelle est la plus grande joie d’être élu municipal? 

S.R. : Voir que notre implication peut réellement avoir un impact sur la vie des citoyennes et citoyens. Nous consacrons beaucoup de temps à étudier des dossiers et à faire avancer des projets.

J’aime également participer à la vie municipale, rencontrer les gens et contribuer au développement de la collectivité. C’est ce sentiment d’utilité qui rend l’engagement si gratifiant.

MP: Quel est l’enjeu social le plus important pour vous? 

S.R. : La transparence. La confiance entre la population, le conseil municipal et l’administration est essentielle. Pourtant, il existe parfois de l’incompréhension ou du mécontentement autour de certaines décisions.

Je pense qu’il est important d’expliquer les démarches, d’être à l’écoute des préoccupations et de maintenir un dialogue ouvert avec les citoyennes et citoyens. Le conseil municipal a du pouvoir, mais il est réellement efficace lorsque tout le monde travaille ensemble vers les mêmes objectifs.

Lorsqu’un projet se concrétise et qu’on constate les bénéfices pour la communauté, c’est extrêmement valorisant.

MP: Qui vous inspire dans le milieu politique municipal? 

J’admire les personnes qui s’impliquent pleinement dans leur communauté et qui n’ont pas peur de poser des questions.

Yannick Beauchemin m’inspire par son engagement bénévole et sa volonté de faire avancer les dossiers. Maxim Moreau m’impressionne par sa capacité à approfondir les enjeux en posant beaucoup de questions, même lorsque nous ne partageons pas toujours la même vision. Tous deux font partie du conseil municipal de Saint-Charles-sur-Richelieu.

MP: Quel conseil donneriez-vous à une personne qui réfléchit à se lancer en politique municipale? 

S.R. : La politique municipale est beaucoup plus complexe qu’on le pense. Il existe encore plusieurs préjugés voulant que la politique soit exclusivement un lieu de confrontation ou de recherche de pouvoir.

Il faut toutefois le faire pour les bonnes raisons. C’est une responsabilité importante qui demande du temps, de l’énergie et un véritable désir de servir la collectivité. C’est exigeant, mais lorsqu’on souhaite faire une différence dans son milieu, l’engagement en vaut la peine.

Mon expérience me démontre qu’il est possible de rester soi-même en politique municipale, de demeurer intègre et de contribuer positivement à sa communauté.