
Rana Boubaker, Ph. D., Chargée de projet – Vieillissement actif et Famille, Espace MUNI
Bien qu’elle puisse paraître universelle et intemporelle, la notion de « famille » s’avère bien complexe. Ce phénomène profondément humain varie selon les époques, les cultures et les contextes sociaux. Sa représentation, ses fonctions et ses valeurs évoluent également au fil du temps, en réponse aux transformations de la société.
La définition la plus couramment admise réfère, selon Vallon (2006, p.154), à « un ensemble uni que forment les parents et leur enfant ». Cette définition, bien que simple, se précise lorsqu’on considère la diversité des liens possibles. On distingue ainsi la famille dite « intacte », composée d’un couple et de leurs enfants biologiques ou adoptés, de la famille recomposée, dans laquelle les enfants proviennent d’unions antérieures.
Aujourd’hui, la conception de la famille s’élargit encore pour inclure des structures comme la famille monoparentale, constituée d’un seul parent avec ses enfants, voire le couple sans enfant, parfois reconnu comme une cellule familiale à part entière.
L’évolution ne s’arrête pas là. La société contemporaine reconnaît également des structures familiales fondées sur des liens d’affection ou de choix, plutôt que sur des liens strictement biologiques ou juridiques. C’est le cas des familles dites « choisies » (Doucet et Chamberland, 2021), dans lesquelles les membres construisent des relations fortes, durables, basées sur la confiance et l’amour, et partagent un sentiment d’histoire commune.À l’horizon 2050, la famille pourrait être plus que jamais marquée par la diversité, l’inclusion et la flexibilité.
Les avancées technologiques, notamment dans les domaines de la reproduction, pourraient transformer davantage les modèles traditionnels. Par ailleurs, les défis environnementaux, économiques et démographiques pourraient aussi influencer les formes familiales par la cohabitation intergénérationnelle renforcée, le retour à des communautés élargies pour des raisons économiques ou écologiques et la solidarité entre individus au-delà du seul lien de sang.
Ainsi, la famille de 2050 ne sera peut-être pas définie par sa forme et sa structure, mais plutôt par ses fonctions basées sur l’offre d’un cadre protecteur et socialisant. Elle pourrait devenir un espace encore plus inclusif, fondé sur les liens affectifs et le désir commun de vivre et d’évoluer ensemble, dans un monde en perpétuel changement.
RÉFÉRENCES :
DOUCET, S. et L. CHAMBERLAND. « Relations familiales et non-binarité : parcours de vie de jeunes adultes non binaires au Québec ». Enfances Familles Générations. Revue interdisciplinaire sur la famille contemporaine, (35), 2020.
VALLON, S. « Qu’est-ce qu’une famille? Fonctions et représentations familiales ». VST-Vie sociale et traitements, 2006, 89(1), 154-161.
